La mort du Community Manager gabonais (ACT 1)

Si tu as cliqué sur le lien menant à cet article soit tu partages mon point de vue, soit le goût du sang t’attire et tu aimerais connaître toute l’histoire derrière ? Pourquoi prédire la mort d’un soi-disant métier en vogue ? Pour qui se prend t-il ?

Allons-y, tu ne le sais peut-être pas mais je suis Olivier ONA, digital manager pour un opérateur de téléphonie mobile, blogueur (tu es sur mon blog), rédacteur en chef et propriétaire du webzine 241 Clics Magazine (nous décryptons l’actualité numérique du Gabon) et enfin président de la Communauté des Blogueurs et Vlogueurs du  Gabon (CBVG).

Bien, je crois que j’ai la légitimité pour parler de ce métier que j’ai découvert il y a 10 ans au Sénégal et surtout toute ton attention vue que je sais de quoi je parle. Pourquoi le CM? Tout simplement parceque c’est un métier qui m’a permis de m’affranchir du schéma classique marketing/communication.

Pour entrer dans le vif du sujet, je vais le répéter clairement le CM n’existe pas du moins sa version pure et là même cette version hybride va disparaitre !

Mais avant d’aller plus loin , je vais vous présenter le job ou encore le métier mais attention ce n’est pas du Wikipédia ou une définition tirée du web.

Après 10 ans à pratiquer ce métier, je vous propose ma définition du CM :

Un community manager est avant tout un professionnel de la communication en ligne. Il est primordial de bien comprendre que ce job consiste à faire vivre une communauté sur les réseaux sociaux mais pas que ça vue qu’il est parfois nécessaire d’aller au delà de l’aspect purement numérique afin de créer des liens avec sa communauté (rencontres thématiques, remise de lots aux meilleurs fans ou après un jeu concours…).

Le vrai visage du CM (Mounir M.)

Lorsqu’une entreprise est présente sur le web social (Facebook, Twitter, Google +, Instagram, Youtube…), elle a recours a une compétence précise dont le rôle consiste avant tout à définir une ligne éditoriale en phase avec la stratégie globale de l’entreprise, planifier les publications en prenant le soin de créer un équilibre entre les publications commerciales et les publications ludiques car voyez vous du 100% commerciale fera inévitablement fuir vos abonnés.

Vous l’avez compris le CM est un équilibriste qui doit veiller à vendre la marque qu’il représente sur internet et en même temps à contenter les clients de la marque car il doit créer l’interaction entre le contenu de la marque et le contenu intermédiaire tout ceci dans le but d’être intéressant. Car oui des abonnés contents peuvent pousser le vice jusqu’à la conversion (ils achètent vos produits!).

 C’est quoi un CM? (ASI)

Je vais m’arrêter là sinon je serais obligé de vendre cet article et vous conviendrez avec moi que ceci n’est pas une formation mais l’introduction d’un article de blog.

Néanmoins je crois que vous m’avez compris et cela m’emmène à pousser mon argumentaire mais je  tiens encore à rappeler que cet article ne concerne que le Community Manager du Gabon et non du Gondwana !

Depuis mon retour au Gabon, j’ai tout lu et tout entendu sur le Community Manager et j’insiste que ce métier n’existe pas véritablement au Gabon !

Alors à quoi peut bien ressembler le CM gabonais en 2018 ?

Même s’il est vrai qu’ils sont tous sanctionnés par des licences ou des masters en marketing et communication(en majorité), les CM ne sont habituellement pas formés pour ce job.

Cet article est une forme d’opération coup de poing vue que nous avons du mal à réguler le secteur et à véritablement imposer le métier dans les états majors des entreprises. Le CM version Gabon est un valet, un simple faire-valoir ou encore quelqu’un qui permet aux entreprises de faire comme tout le monde (encore que…) c’est à dire montrer aux gabonais adeptes du social media qu’elles sont aussi tendances !

Pour la petite histoire, à l’origine le CM du Gabon est un stagiaire en communication et marketing que l’agence n’arrive pas à intégrer dans son organigramme. Au début, il fait des photocopies et parfois des procès verbaux de réunion jusqu’au jour où le patron d’agence tombera sur un appel d’offre à plus de 10Millions FCFA/mois de cachet à la clef. Bingo ! Tu connais un peu Facebook ? Ok bon tu vas gérer sa page Facebook et tu auras 150k par mois !

Le hic avec cette option lorsque l’on se met du côté du jeune stagiaire, c’est pire pour les stagiaires  travaillant en agence, tu n’as pas le temps nécessaire pour te former convenablement et répondre comme il se doit à la problématique du client. La tête dans le guidon, zéro stratégie de contenus (normal tu sais pas ce que cela veut dire), zéro stratégie autour de la ligne éditoriale etc…. Le résultat est sans appel, un an après zéro objectif atteint!!!

Vous allez me dire, Olivier, mais c’est de la mauvaise foi? Nous avons tout de même franchis la barre symbolique des 50.000Fans Facebook! Oui et alors? Dans ces 50k, combien ont acheté la nouvelle bouteille de 10litres AKEWA en passant par Facebook? Quel est l’impact de Facebook dans le business de l’entreprise? Je vais m’arrêter là!

Le parcours basique du CM gabonais et là encore je suis gentil mais je vais aller plus loin et vous dire que l’identité numérique d’une marque sur le web obéit à des acquis, des codes et surtout une bonne connaissance du terrain ! Une agence de communication qui se respecte en 2018 au Gabon et qui souhaite intégrer les réseaux sociaux dans sa liste de services doit impérativement intégrer une équipe social media en son sein !

Je dois donner les détails ? Un ou plusieurs community managers, un content manager, social media manager, social media analyste, infographistes….. Et là encore je suis sympa et je suis prêt à parier qu’en faisant le tour des agences de communication de la capitale vous n’y trouverez pas une team social media mais un CM qui fait office de community manager, infographiste, content manager et Pas les plus importants : Social Media Manager et Social Media Analyste !

A qui la faute ? Au CM ? Aux entreprises ? Surtout pas aux entreprises, déjà que le but d’une entreprise est de faire du chiffre en minimisant au maximum les charges donc il est claire que la faute nous revient! On se vend moins chère!

Et pire encore, nous sommes incapables de nous réunir et de museler les charlatans qui vendent de pseudos potions magiques dopées aux faux likes et au boost tout azimuts.

A suivre.

En attendant, téléchargez gratuitement l’un de mes premiers ebooks: il-etait-une-fois-le-community-manager-par-olivier-ona (1)


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