Influenceurs gabonais : escroquerie ou mauvaise analyse ? Mon avis de lawyer in tech

Influenceurs gabonais : escroquerie ou mauvaise analyse ?

Mon avis de lawyer in tech.
Auteure: Karine MAZAND MBOUMBA TCHITOULA

Il y’a quelques jours je suis tombée sur un article intéressant sur les influenceurs gabonais. Il ne s’agissait absolument pas des typiques listes de classement mais d’une analyse que j’ai trouvée pour le moins audacieuse même si je ne la partage pas entièrement.

L’article « Influenceurs gabonais : La plus grosse escroquerie du pays ! Part 01 » disponible ici https://onasurleweb.com/2018/12/11/influenceurs-gabon-escroquerie-facebook-youtube/ aborde donc le sujet du marketing d’influence au Gabon et de ceux qui se déclarent ou se considèrent influenceurs dans ce pays.

Le marketing d’influence m’intéresse dans ma pratique d’avocat car il me permet d’apporter des réponses à des problématiques nouvelles. On ne peut pas passer outre car il est au cœur des enjeux économiques des entreprises aujourd’hui et n’entre pas dans les cases de la publicité classique ou des contrats auxquels nous sommes habitués.

Pour le coup, aucun rapport avec ce qui suit, mais je voulais donner mon avis sur cet article bien tranché. J’ai été surprise en lisant cet article quand d’entrée de jeu j’ai vu des références aux sportifs de haut niveau.

Ces exemples à mon sens entrent plus dans le cadre de la publicité classique car il s’agit là de macro influenceurs dont l’influence relève plus de leur notoriété en raison de leur exposition à un niveau mondial. Une comparaison à leurs homologues locaux aurait été plus appropriée, à mon sens. Peut-être était-ce le propos, mais je ne l’ai pas saisi, ce qui m’a poussé à continuer ma lecture.

A la lecture de l’article, grâce à des explications claires, on comprend aisément en quoi consiste le marketing d’influence avant que ne s’ouvre enfin le volet qui consacre la polémique: l’escroquerie de se déclarer influenceur au Gabon.

La problématique semble provenir des chiffres avec deux questions clés: « influence sans test est-ce de l’influence ? Une influence qui ne génère pas de cash est-ce de l’influence ?». Or, la base de l’influence c’est la communauté et non l’argent qu’il génère. Certains partenariats au même titre que certaines campagnes publicitaires se soldent par un échec. Qu’un partenariat soit reconduit ou pas n’est gage de rien.

Ce qui distingue un influenceur d’un autre n’est même pas une question du nombre de followers mais d’engagement de sa communauté. D’ailleurs, avant de lier un partenariat avec un influenceur, un des indicateurs de base à vérifier est son taux d’engagement minimal (6% est par exemple considéré comme un bon taux).

Il n’est donc pas question que l’entreprise qui a recours à l’influenceurs divulgue les chiffres obtenus grâce à la collaboration, ce n’est pas le propos, ni même la finalité absolue du marketing d’influence. Il s’agit de savoir combien de personnes vont réellement adhérer au concept, combien vont acheter le produit par conviction après avoir lu un billet de blog sur ce produit, avoir vu une storie ou un post et éventuellement aller grossir les rangs des consommateurs de la marque ou de l’entreprise mise en avant.

En gros, combien vont être influencés en commentant que ça leur fait envie, qu’ils trouvent ça beau, qu’ils aiment ou pas ou devenir des micro ambassadeurs d’une marque? L’objectif est certes de booster les ventes mais aussi de gagner en notoriété, d’être vu, partagé et repartagé par une communauté « influencée » par un avis de manière à générer des achats spontanés.

D’ailleurs, une grande majorité de ceux qui achètent sont généralement des personnes collatérales qui s’intéressent vraiment au produit après l’avoir vu passer dans leur fil d’actualité grâce à leurs amis membres de la communauté de l’influenceur en question. Parler de chiffres en termes de cash pour qualifier les influenceurs gabonais d’escroquerie est-ce la bonne approche ? J’en doute.

Par contre, en observant les interactions et les passions que déchaînent certaines publications (nombre de commentaires, repartages, likes mais surtout émoticônes autres qui induisent le caractère émotionnel de cet engagement et donc la preuve de cette influence), on peut dire sans risque de se tromper qu’il y a vraiment des influenceurs gabonais. Autre chose est qu’ils monétisent cette influence.

Le propre de l’influenceur est essentiellement de parler de son propre univers, de ce qui l’intéresse ou pas, de donner son avis et avoir sa propre voix. Son statut n’est absolument pas de vendre à tous les coups, mais de créer une émotion, une identification pour susciter la vente.

Juridiquement, j’extrapolerais même en disant qu’il a plus une obligation de moyen que de résultat. Ce qu’il serait intéressant d’observer c’est l’impact des avis négatifs ou positifs des personnes dont la communauté a un fort taux d’engagement pour évaluer réellement leur influence.

Mais peut-être que trop peu d’entre eux osent donner leurs avis de peur que leur « critique » ne pose problème ? Peut-être aussi que les marques ou les entreprises ne prennent pas le temps de cibler les influenceurs dont l’univers correspond au message qu’ils souhaitent transmettre ni même de vérifier le taux d’engagement avant de lancer une collab ?

Enfin, peut-être que plus qu’une escroquerie, nous sommes juste dans une phase embryonnaire et une prise de conscience de ce que pourrait représenter le marketing d’influence aujourd’hui dans notre pays !

Oui, peut-être faudrait-il simplement changer d’angle de vue pour y voir un nouveau moyen d’échanger à un niveau plus direct et plus proche des consommateurs et des clients potentiels à l’heure où l’on se désintéresse de la télé et de sa publicité à l’arrache et non ciblée.

Ouais, peut-être… L’analyse de la Part.1 soulève des questions pertinentes, mais n’apporte pas de réponse claire pour comprendre en quoi c’est une escroquerie. La 2ème partie nous éclairera peut-être plus, je l’attends donc avec impatience.

Article datant du 05 janvier 2019

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2 réponses pour “Influenceurs gabonais : escroquerie ou mauvaise analyse ? Mon avis de lawyer in tech”

  1. Le propre d’un influenceur n’est pas de vendre, mais de suciter une émotion; je suis d’accord….
    Je pense que c’est plus une explication du mot influenceur, qu’une critique.
    Certes dans le premier la partie 1, il s’agissait de saquer les « Influenceurs » gabonais(c’est ce que je pense du 1ere article🤣🤣🤣), mais ce n’était rien d’autre que l’explication de ce qui se fait ici.

    Belle explication, je comprends mieux le concept (si je puis l’appeler ainsi) d’infinluenceur
    Merci Mme Karine MAZAND

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